Normandie







Le 29 Mai 1935 Le Havre est en liesse pour assister au 1er départ du plus fabuleux paquebot jamais construit pour la transat. NORMANDIE est bel et bien le navire de tous les superlatifs. Son 1er voyage en direction de New-York est adoubé par la présence du président de la République, M. Albert Lebrun, présent également pour l’inauguration de la nouvelle gare maritime transatlantique, et dont l’épouse est la marraine du formidable monstre de 313 mètres de long dont la silhouette gracieuse va fendre l’océan jusqu’en août 1939, 139e et dernier voyage et début de la descente aux enfers du navire.


La construction de NORMANDIE ne s’est pourtant pas faite sans vague. Elle a suscité de très nombreuses polémiques, dans un contexte de crise économique mondiale consécutive au krach financier de Wall Street en octobre 1929. La question est alors la suivante : est-il raisonnable de fabriquer un paquebot avec autant de luxe et de faire appel aux plus grands artistes de l’époque pour rivaliser sur l’Atlantique nord avec les compagnies étrangères , notamment la Cunard, qui possède déjaà QUEEN MARY, et bientôt QUENN ELISABETH . En cette fin du mois de mai 1935, le débat n’en est plus là depuis longtemps, et le formidable vaisseau n’engendre qu’admiration et fierté.





Dans les années 20, la transat dispose de plusieurs navires assurant la liaison entre le Havre et NEW-YORK. France, dont nous avons déjà parlé, mais aussi PARIS, lancé en 1921, rejoints en 1927 par un autre paquebot dont la longévité et l’histoire vont laisser des traces indélébiles dans l’histoire de la Compagnie, il s’agit bien entendu d’ILE DE FRANCE. Cependant dans la course au gigantisme, et au ruban bleu que se disputent les principales compagnies maritimes, la transat souhaite avoir dans sa flotte, un autre navire capable de transporter plus de passagers, mais aussi plus rapide, et représentant le génie français.


Sous l’impulsion de John Dal Piaz, président de la Compagnie Générale Transatlantique dans les années 20, la décision de construire un nouveau paquebot est ainsi prise. La commande est passée le 20 octobre 1930, quasiment un an jour pour jour après le début de la crise économique mondiale. Comme toujours lors de la construction d’un de ses navires, la transat sollicite les chantiers de Penhoët à Saint Nazaire pour réaliser ce pharaonique projet. Ce projet peut en effet à l’époque être considéré comme mégalomane, et sans l’aide de l’Etat Français, celui-ci n’aurait sans doute pu aboutir tant l’enveloppe nécessaire à cette réalisation semble démesurée.


Entre la pose de la première tôle, le 26 janvier 1931, et le 1er départ du nouveau fleuron de la marine marchande Française, ce sont près de trois ans et demi qui s’écoulent. Le port du Havre se prépare à accueillir son nouveau bateau, et une nouvelle forme de radoub, la forme 7 est construite, destinée à accueillir le futur paquebot lors de ses entretiens réguliers. Jamais en effet, navire de telle dimension n’avait été pensé et construit auparavant. La dimension n’est pourtant pas, loin s’en faut la seule « extravagance » du navire. Il est aussi fait appel aux plus grands artistes de l’époque pour donner au paquebot un lustre jamais égalé. Normandie représente la France, et n’est pas seulement une prouesse industrielle, il est aussi une œuvre d’art. La finition de cette œuvre se déroule pendant plus de deux ans. Après le lancement le 29 octobre 1932, l’armement dure en effet jusqu’au 5 mai 1935.


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